Injections infiltrations

Les infiltrations sont des techniques consistant à injecter un médicament destiné à traiter localement une lésion, afin d’en diminuer la douleur.

Déroulement de l’examen

En préambule

Votre médecin vous a proposé un geste de radiologie interventionnelle. Il sera pratiqué avec votre consentement. Vous avez en effet la liberté de l’accepter ou de le refuser. Une information vous est fournie sur le déroulement de l’examen et de ses suites. Il est très important que vous répondiez bien aux questions qui vous seront éventuellement posées sur votre état de santé ainsi que sur les médicaments que vous prenez (liste écrite des médicaments). Certains traitements doivent en effet être modifiés ou interrompus pour certains examens d’imagerie.
N’oubliez pas de vous munir de vos anciens examens pour une comparaison et surtout de respecter les recommandations qui vous sont faites.

Déroulement de l’examen

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Traitement par injections de toxine botulique

Infiltration intra-articulaire, peri-articulaire, peri-tendineuse

Infiltration rachidienne de corticoïdes

Traitement par plasma riche en plaquettes

 

Traitement par injections de toxine botulique

La toxine botulinique est une toxine secrétée par une bactérie, le Clostridium Botulinum. Isolée en 1944, elle a été utilisée initialement en ophtalmologie.
Depuis 1989, elle a été utilisée aux USA et en Europe dans le traitement du pied équin dans le cadre d’une paralysie cérébrale. Injectée à dose infime dans un muscle, elle provoque le relâchement progressif de celui-ci pendant une durée transitoire (quelques semaines en général). C’est cette propriété de relaxation musculaire qui est utilisée en thérapeutique dans des indications variées, comme les contractures musculaires d’origine neurologique (spacticité)

La toxine botulinique agit au niveau de la jonction du nerf avec le muscle. Elle bloque la transmission d’une substance, appelée médiateur (Acétylcholine), du nerf au muscle de façon réversible. De ce fait, elle entraîne une diminution transitoire du tonus musculaire, avec l’objectif d’affaiblir des muscles trop toniques (trop actif) à l’aide de doses infimes de toxine.

 

Infiltration intra-articulaire, peri-articulaire, peri-tendineuse

Il s’agit de l’administration locale par une injection d’un médicament destiné à agir au contact de votre lésion rhumatologique, par exemple :
– autour d’un tendon pour une tendinite,
– dans la cavité articulaire pour une arthrose ou une arthrite inflammatoire,
– au niveau de la colonne vertébrale pour une lombalgie ou une lombosciatique.
Ainsi, le traitement appliqué directement au sein des lésions, ou à leur proximité immédiate aura une action thérapeutique souvent plus efficace qu’un traitement par voie générale (qui peut néanmoins vous être prescrit à titre complémentaire).

Le plus souvent, le produit utilisé est une suspension micro-cristalline ou non d’un corticoïde (antiinflammatoire puissant) destinée à traiter localement une inflammation ou une congestion.
Dans d’autres cas, il s’agit d’un anesthésique local, afin de faire disparaître la douleur. On peut aussi utiliser un mélange des deux.
Enfin, il peut s’agir d’un produit de visco-supplémentation, injecté au cours de certaines arthroses (du genou, par exemple).

N’oubliez pas de signaler à votre Radiologue toute infection ou symptôme dont vous pourriez souffrir.

 

Infiltration rachidienne de corticoïdes

L’infiltration rachidienne consiste à injecter un médicament anti-inflammatoire à base de cortisone directement au contact du nerf dont l’irritation est responsable de votre douleur.
Le geste peut être effectué par guidage radioscopique ou scanner. Cette technique permet de choisir le bon point d’entrée de l’aiguille et de suivre son trajet.

Cette infiltration a pour but de diminuer votre douleur. Le résultat peut varier en durée, en intensité selon les patients et la pathologie de chacun.

A l’exception des médicaments que l’on vous aurait précisément demandé d’arrêter, vous prendrez normalement vos autres traitements.
Il est vivement conseillé de venir accompagner au moment de l’infiltration et de ne pas conduire.
Restez à jeun solide de 2 heures.
Pour être plus à l’aise, il est conseillé d’aller aux toilettes avant la ponction.

 

Traitement par plasma riche en plaquettes

L’infiltration de PRP consiste à injecter des facteurs cicatrisants contenus dans les plaquettes (Plasma Riche en Plaquettes =PRP) afin de stimuler la cicatrisation et la régénération d’un tendon, d’un ligament ou d’un muscle lésé ou traiter une arthrose dans une articulation. En effet, nos plaquettes sanguines sont produites par la moelle osseuse et connues de tous pour leur rôle indispensable dans l’hémostase primaire mais possèdent aussi d’importantes propriétés concernant la cicatrisation et la régénération des tissus lésés grâce à la libération de granules très riches en facteur de croissance multiples.

On prélève un peu de sang dans un tube spécifique stérile. Ce tube est centrifugé pour séparer les globules rouges du plasma. C’est votre plasma qui est récupéré dans des conditions d’asepsie stricte et ce liquide riche en plaquettes sera réinjecté afin de favoriser la cicatrisation de la région lésée.

Documents à apporter

  • La liste écrite des médicaments que vous prenez (anticoagulant ou anti-agrégant plaquettaire type Aspirine, Asasantine, Kardegic, Persantine, Plavix, Previscan Sintrom, Solupsan, Ticlid, xarelto …), ou tout simplement souvent de l’Aspirine contre le mal de tête ?
  • Allergies connues

Déroulement de l’examen

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Traitement par injections de toxine botulique

Infiltration intra-articulaire, peri-articulaire, peri-tendineuse

Infiltration rachidienne de corticoïdes

Traitement par plasma riche en plaquettes

 

Traitement par injections de toxine botulique

Après la dilution de la toxine dans du sérum physiologique, l’injection se fait par voie intramusculaire. Les doses et les sites d’injection varient selon la pathologie à traiter et le poids du patient. Le médecin qui pratiquera l’injection va vous informer des conditions de l’injection car chaque centre injecteur peut avoir sa propre organisation.

 

Infiltration intra-articulaire, peri-articulaire, peri-tendineuse

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Infiltration rachidienne de corticoïdes

Pendant l’infiltration, suivez bien les recommandations du médecin et du manipulateur. Votre coopération est essentielle, elle contribuera à la rapidité du geste de ponction et diminuer les risques de douleurs et de complications. Vous êtes installé à plat ventre ou sur le dos sur la table du scanner ou de radiologie utilisant la technique des rayons X qui sont des rayonnements invisibles capables de traverser le corps humain. Pour réaliser ce geste, le radiologue va s’habiller de façon chirurgicale afin de respecter les conditions d’asepsie. La peau est soigneusement désinfectée puis le radiologue dispose un petit champ
stérile sur la peau.
Sous contrôle scanner ou sous contrôle scopique (écran T.V.), une aiguille est mise en place à proximité du nerf. Il est possible durant la progression de l’aiguille de reproduire les mêmes douleurs que celles pour lesquelles votre médecin a demandé le geste ; cela signifie la proximité de la zone à traiter. Une faible quantité de produit de contraste iodé peut être injectée pour vérifier la bonne position de l’extrémité de
l’aiguille, puis le médicament. Quelques images radiologiques peuvent être prises durant les différentes phases de l’examen.

 

Traitement par plasma riche en plaquettes

Vous serez allongé sur la table d’examen, un protocole de désinfection sera réalisé sur la région à traiter.
Le radiologue procédera à une anesthésie locale sous-cutanée, la quantité injectée sera minime car l’anesthésie pourrait désactiver les plaquettes.
Un prélèvement sanguin (8ml) sera effectué sur un tube stérile dans une veine de votre bras et sera centrifugé, le PRP collecté sera réinjecté sous-contrôle échographique dans et autour de la zone lésée ou
dans l’articulation malade ; 1 à 3 injections seront nécessaires selon les cas.
Après l’injection, le point de ponction est comprimé pendant quelques secondes.
Un pansement sec est mis en place et sera maintenu pendant 24 heures.

Après l’examen

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Traitement par injections de toxine botulique

Infiltration intra-articulaire, peri-articulaire, peri-tendineuse

Infiltration rachidienne de corticoïdes

Traitement par plasma riche en plaquettes

 

Traitement par injections de toxine botulique

L’effet bénéfique n’est jamais immédiat et survient en général dans un délai de un à huit jours après l’injection (parfois plus) pour atteindre un maximum au bout de quinze jours voire trois semaines. Cet effet dure en général quelques semaines (deux à six mois) selon les patients et les pathologies traitées.
Cela explique la nécessité de répéter les injections à intervalles réguliers, en général tous les quatre à six mois.

Après la séance d’injection il n’y a habituellement pas de douleurs. Vous pouvez reprendre vos activités habituelles.
Quelques jours après l’injection des douleurs peuvent apparaître par le fait que le muscle se détend, ce qui entraîne un étirement permanent du muscle notamment en station debout. Ces douleurs sont bien soulagées par des antalgiques habituels (anti-inflammatoire ou paracétamol).

Il vous faut prévoir une consultation de contrôle classiquement à 4 semaines après l’injection. Ce délai peut varier en fonction de la prise en charge associé et la date va vous être proposée par le médecin qui vous prend en charge.

 

Infiltration intra-articulaire, peri-articulaire, peri-tendineuse

L’infiltration se fait en ambulatoire, elle ne nécessite donc pas d’hospitalisation. Selon le geste, pour votre sécurité, nous vous garderons en observation pendant 1 heure si vous vous présentez seul(e) dans le service et 30 minutes si vous êtes accompagné(e).
Elle se fera éventuellement sous guidage scopique ou échographique.

En cas de fièvre ou de douleur importante dans les jours suivant l’infiltration (possibles signes d’infection), il est important de contacter immédiatement votre médecin ou notre équipe.

 

Infiltration rachidienne de corticoïdes

L’infiltration se fait en ambulatoire : elle ne nécessite donc pas d’hospitalisation.
A l’issue de l’examen, nous vous garderons si nécessaire en surveillance pendant 30 minutes.
Cette surveillance nous permet également d’intervenir en cas de complication immédiate suivant l’acte.
Afin de mieux prendre en charge la douleur, nous vous poserons des questions avant, pendant et après le geste. Un repos le jour de l’infiltration et si possible le lendemain est conseillé pour une meilleure efficacité. Une amélioration immédiate peut parfois survenir mais elle est transitoire. Vous conserverez donc pendant une semaine votre traitement antalgique habituel. L’effet de l’infiltration est en général progressif. Il atteint son maximum en 10 jours environ.

 

Traitement par plasma riche en plaquettes

Il est recommandé d’éviter la marche prolongée le jour de l’examen et le lendemain ainsi que le sport mais vous pouvez vivre normalement.
L’effet ne se manifestera qu’après quelques semaines.
Des consignes pour les suites (douleur – kinésithérapie) vous seront précisées le jour de l’examen.

Les anti-inflammatoires ne sont pas recommandés deux semaines avant et trois semaines après le geste.

Contre-indications & questions

Nous n’utiliseront pas la toxine botulinique chez les patients :

  • Souffrant de myasthénie ou d’autres maladies de la jonction neuromusculaire,
  • Lors de l’allaitement, pendant une grossesse et lors d’une hyperthermie.
  • De même, on évitera toute association avec les aminosides (antibiotiques utilisés à l’hôpital; ex : Gentamycine, Streptomycine, Amikacine) qui augmentent les effets de la toxine dans les trois mois suivant les infiltrations et les curares (utilisés lors d’une anesthésie générale : un monitorage sera nécessaire)
  • Avec une maladie de la jonction neuro-musculaire comme la myasthénie.
  • Avec une vaccination (un délai de 15 jours avant et après une vaccination est nécessaire).
  • Avec une anesthésie régionale ou générale.
  • Avec les traitements antibiotiques.
  • Avec un état infectieux en cours.
  • Avec un traitement anti-thrombotique.
  • Avec une grossesse.

L’utilisation de la Toxine Botulinique dans la spasticité est-elle autorisée et légalisée ?

Certaines indications sont officiellement reconnues et font l’objet d’une autorisation de mise sur le marché ou AMM :

  • Le spasme hémifacial (contracture de la moitié du visage)
  • Le blépharospasme (contracture du muscle des paupières qui provoque une fermeture de celles-ci).
  • Les dystonies cervicales (torticolis spasmodiques)).
  • La spasticité (hyperactivité musculaire de causes variées) ; AMM (autorisation de mise sur le marché) par l’AFSSAPS (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé) en France en 1998 pour les enfants au niveau des membres inférieurs (pied équin), en mars 2002 pour les membres supérieurs chez l’adulte puis en 2005 pour le traitement de la spasticité en général chez l’adulte. En 2009, l’autorisation pour le traitement de la spasticité (hyperactivité musculaire) du membre supérieur et inférieur de l’enfant à partir de 2 ans.

Quels sont les bénéfices de ces traitements ?

L’infiltration a pour but de diminuer votre douleur. Le résultat peut varier en durée, en intensité selon les patients et la pathologie de chacun.

Si vous avez une lésion tendineuse ou une arthrose et que les traitements médicaux habituels n’ont pas apporté de résultat, alors la thérapie par Plasma Riche en Plaquette peut être la solution. Elle permet la guérison des tissus et réduit la dégénérescence future des tissus, mais le résultat n’est pas constant. C’est votre médecin spécialiste, qui décidera si ce traitement est une bonne solution pour vous.

Quelles sont les complications ?

• Infiltration rachidienne de corticoïdes :
Comme pour toute ponction, il existe des risques : infection, douleurs, hématome.
L’Agence Française de Sécurité Sanitaire et des Produits de Santé (Afssaps) rapporte la survenue exceptionnelle de paraplégie/tétraplégie dans les indications des injections radioguidées des rachis lombaires et cervical. Ces risques sont extrêmement rares et toutes les précautions sont prises pour les éviter.

• Traitement par plasma riche en plaquette :
La plus fréquente : une douleur au point d’injection.
Moins fréquente : une réaction inflammatoire (gonflement et/ou douleur). Pour limiter les douleurs, il est conseillé d’appliquer un glaçage de 20 minutes 3 fois par jour, voire la prise de paracétamol selon la prescription de votre médecin.
Rare : gonflement de la région traitée 24 à 48 heures après l’injection.